Lucie Roesch, Sous-préfète, Directrice de cabinet de la préfète de l’Ain

Lucie Roesch a effectué ses études à Sciences Po Paris, avant de rejoindre l’ENA, promotion Georges Orwell (2015-2016). À la sortie de l’ENA, elle choisit la Cour des comptes, où elle entre en janvier 2017. Pendant deux ans, elle travaille au contrôle du ministère des Armées, puis devient chargée de mission du Premier président de la Cour, Didier Migaud, pendant un an et demi. En avril 2020, elle choisit de partir sur le terrain, et devient directrice de cabinet de la préfète de l’Ain.

Comment avez-vous conçu et orienté votre trajectoire professionnelle ?

Je ne l’ai ni conçue, ni orientée ! Je n’ai jamais vraiment fait de plan de carrière. Ayant un profil assez généraliste, j’ai été portée par les rencontres que j’ai pu faire, et l’envie d’être utile là où je pensais l’être. C’est cette volonté d’être utile qui a orienté mon choix de rejoindre l’administration préfectorale au début de la crise sanitaire, après avoir fait mes armes dans les juridictions financières.

Quelle a été votre expérience de l’égalité femmes-hommes dans la fonction publique ? Cela vous a-t-il donné envie de vous engager pour cette cause ?

Étonnement, j’ai toujours eu la chance d’évoluer dans un univers professionnel relativement mixte. Dans l’Ain par exemple, le corps préfectoral est majoritairement féminin. J’ai aussi pu compter sur des rencontres professionnelles fréquentes avec des femmes inspirantes, à hautes responsabilités, ce qui m’a donné l’impression que ces parcours n’étaient pas inaccessibles. Mon parcours et ces rencontres m’ont donné envie de m’engager pour l’égalité femmes-hommes, mais sans en faire un étendard : il n’y a rien qui m’agace plus que de me voir proposer un poste simplement parce que je suis une femme !

Quelles solutions recommanderiez-vous pour promouvoir l'égalité F/H dans la fonction publique ?

Les choses se jouent selon moi dès l’origine, au moment de la constitution des viviers, c’est-à-dire au stade des concours et des recrutements, plutôt que dans la promotion en cours de carrière. Je ne m’explique pas que les femmes soient beaucoup moins représentées dans certaines voies d’accès, dans certaines filières, et cela dès l’inscription au concours. C’est particulièrement vrai dans le milieu de la sécurité, que je traite au quotidien. Il y a probablement un phénomène d’auto-censure ; peut-être ne va-t-on pas assez à la rencontre des jeunes femmes en école.

Quels conseils auriez-vous souhaité recevoir lorsque vous avez démarré votre carrière ?

Sans doute le conseil de ne pas se fixer la moindre barrière. Je ne mesurais pas en début de carrière à quel point la fonction publique d’État était si variée et si porteuse d’opportunités... pour qui veut bien s’en saisir !

Entretien avec Lucie Roesch réalisé par Aurélie Tabuteau-Mangels dans le cadre de l'association ENA 50/50.