"Le marché commun de l'Union économique et monétaire Ouest africain (UEMOA) : réalités et perspectives"
Hamaciré DICKO (CIL 2005)
Résumé
L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui constitue un prolongement de l’UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine) a été créée le 10 janvier 1994 à Dakar par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de sept pays de l’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.
L’UEMOA est une intégration institutionnelle et de marché ayant pour objectifs :
- renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel et d’un environnement juridique rationalisé et harmonisé ;
- assurer la convergence des performances et des politiques économiques des Etats membres par l’institution d’une procédure de surveillance multilatérale ;
- créer entre les Etats membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d’établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ;
- instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, par la mise en œuvre d’actions communes et éventuellement de politiques communes notamment dans les domaines suivants : ressources humaines, aménagement du territoire, transports et télécommunications, environnement, agriculture, énergie, industrie et mines ;
- harmoniser, dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement du marché commun, les législations des Etats membres et particulièrement le régime de la fiscalité.
En dépit des contraintes et difficultés, l’UEMOA dispose d’un certain nombre d’atouts pour la réalisation effective du marché commun : une unité monétaire commune (FCFA) ; un tarif extérieur commun (TEC) et une politique commerciale commune ; des règles communes de concurrence ; un marché financier régional et une bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) ; une forte mobilité de la main d’œuvre et une complémentarité relative des structures économiques, un patrimoine historique et culturel commun et l’usage de langues locales communes et de la langue française.
Cependant, la réalisation du marché commun de l’UEMOA dépendra principalement des efforts de diversification des appareils productifs et d’exportation des pays membres, de la réalisation d’infrastructures régionales de transport et de facilitation de transits routiers, de l’élimination des barrières non tarifaires, de la coordination des politiques économiques, du renforcement du dialogue politique et de la bonne gouvernance démocratique dans l’espace UEMOA, mais aussi du renforcement des relations commerciales et économiques avec les autres blocs régionaux, et plus particulièrement, la coopération et le partenariat UE-UEMOA dans le cadre des accords APE.
Aussi l’approche institutionnaliste et de marché du processus d’intégration économique régionale de l’UEMOA n’a-t-elle pas montrée ses limites ? Il urge donc d’orienter dorénavant ce processus vers une conception globale avec une approche organisationnelle et sectorielle d’intégration économique régionale qui mettra l’accent sur une forte coopération sectorielle régionale et un développement des échanges commerciaux transfrontaliers.
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ENA, Direction des études, 2006 -