L'Enfance, groupe 12
Rapport de séminaire de la promotion "République" (2005-2007)
Résumé
Les médias sont au cœur de la vie des enfants. Les études soulignent qu’un adolescent français leur consacre 6 heures par jour (7h35 pour un adolescent américain). A l’école primaire, près de deux enfants sur cinq disposent d’une télévision dans sa chambre. Au collège, près d’un enfant sur quatre a son propre ordinateur et neuf sur dix possèdent un téléphone mobile.
Les risques dont il est nécessaire de protéger les enfants font l’objet de dispositifs de protection et de sanctions cloisonnées. Ce système est le reflet de la superposition de contrôles adaptés à des supports médiatiques différents. Il est significatif de l’évolution du rôle de l’Etat à l’égard des médias au cours du dernier quart de siècle.
Tout en restant perfectibles, lesdispositifs mis en place ont permis d’assurer en France un niveau de protection conforme aux standards européens. Toutefois, face aux évolutions technologiques, rapides et inédites, et aux nouveaux comportements de consommation des enfants, la puissance publique manque tout à la fois d’analyses objectives, d’instruments adéquats et d’une approche homogène. Ainsi, la convergence des médias remet en cause l’efficacité globale du système actuel et fait apparaître de nouvelles attentes à l’égard de l’intervention de l’Etat. Aux marges de la révolution numérique se développent des risques comme la sollicitation d’enfants à des fins illégales ou leur exposition à des images pornographiques ou d’une très grande violence.
Plus que jamais, la coordination des acteurs paraît nécessaire dans un domaine où un dispositif ne s’avère efficace que s’il est à la fois mis en œuvre par les acteurs du marché et relayé dans le cadre familial. Des équilibres doivent être trouvés entre la liberté de création artistique et la protection de l’enfant ; entre les libertés d’expression et d’opinion, l’enjeu de la diffusion des savoirs, et la nécessaire intervention de l’Etat.
Enfin, une réponse européenne à ces enjeux doit être approfondie. L’Etat n’a souvent pas les moyens techniques ni la compétence juridique de mener une politique ambitieuse au seul niveau national. Le développement de la coopération européenne est indispensable, même si elle s’avère difficile. Les différences de conceptions culturelles en matière de libertés publiques et de vulnérabilité de l’enfant sont sensibles.
Face aux enjeux d’intérêt général, il est nécessaire de repenser l’intervention de l’Etat selon des modalités nouvelles qui intègrent en même temps les préoccupations des professionnels des médias et des associations investies dans la défense des enfants. Elle s’appuie sur la modernisation de la régulation du secteur des médias, tant dans le cadre national qu’européen, sur la généralisation de nouveaux outils pour Internet et sur le développement de l’information des parents et de l’éducation aux médias des enfants.
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ENA, Direction des études, 2006 -